L’état des (Tiers) Lieux et de l’entreprise, le 4 juin à L’Atelier

Le 4 juin prochain, L’Atelier BNP Paribas organise une conférence sur le thème « Tiers Lieux : quels usages pour les entreprises ». L’occasion de mieux appréhender un phénomène naissant. Voici d’abord quelques définitions.

Les tiers-lieux, ce sont ces endroits étranges qui proposent des postes de travail, accessible à l’heure, à la journée ou plus, avec des services associés (salles de réunion, conciergerie, téléphonie, impression).

La naissance des tiers-lieux est difficile à dater. Beaucoup en voit la genèse quelque part dans des chaînes de restauration (Starbucks, Mc Do…) qui ont eu, en pionnières, la belle idée d’offrir le wi-fi en libre accès à leurs clients.

Dans un registre plus professionnel, le tiers lieu peut se définir comme un espace se situant entre le bureau de l’entreprise, où se rend classiquement le salarié pour travailler (voir plus), et son domicile, où il peut s’adonner au télétravail. Par conséquent, le tiers-lieu va généralement proposer un espace mixant une proximité des lieux de résidence, avec une proximité des pôles de transport.

Trois grandes typologies de tiers lieux se dégagent aujourd’hui

  • Les historiques:
    • Les télé-centres ont vu le jour dès la fin des années 1990, pour proposer à leurs utilisateurs des accès à des débits internet améliorés par rapport à ceux qu’ils pouvaient avoir de leurs domiciles. C’est typiquement le cas des espaces créés par le département du Cantal, par exemple, ici avec un objectif à la fois de réduction de la fracture numérique, et de promotion du territoire pour des grandes entreprises parisiennes qui pouvaient souhaiter « délocaliser » une partie de leurs effectifs à distance (near-shore)
    • Les business centers, cette fois au cœur des villes, sont nés d’initiatives privées (Regus…) pour proposer des bureaux de passage et des services associés, à des actifs ayant besoin d’un local provisoire.
  • Les studieux
    • Les espaces de co-working, où les individuels (surtout) mais aussi des salariés en situation de mobilité (commerciaux, consultants, etc) peuvent trouver, pour quelques heures, un endroit où travailler, se réunir, avoir accès à internet et des services. Pas toujours payants (salons Grands Voyageurs de la SNCF par exemple), plus ou moins animés, ils éveillent aujourd’hui l’appétit de promoteurs privés (chaînes d’hôtels, constructeurs, etc) qui y voient parfois l’opportunité de séduire une nouvelle clientèle pour leurs business traditionnels
    • Les espaces Corpo-working (terme proposé par la société LBMG Worklabs) sont une ré-internalisation, dans les locaux des entreprises, du concept de tiers lieux, pour proposer des espaces où se côtoieront salariés, sous-traitants, chercheurs associés, etc. Ils sont souvent axés innovation
  • Les thématiques
    • Les incubateurs ou pépinières ou accélérateurs d’entreprises : ces structures sont destinées aux entrepreneurs en début de cycle, et leur proposent souvent, en sus d’un hébergement classique, des solutions de tutorat et d’accompagnement. Les agences de développement économique sont fréquemment de la partie, notamment en régions.
    • Les FabLab, selon leur définition la plus académique, sont des ateliers de fabrication publique, ouvert et collaboratif. Ces espaces permettent aux créateurs de tous horizons, de passer de l’idée au prototype. Pour détenir l’estampille FabLab, le tiers-lieu doit en respecter la charte, mise en place par le MIT. Parmi les Fab labs en France : LabFab (Rennes), Artilec Fablab (Toulouse), le Petit FabLab (Paris…
    • Les HackerSpace (ou Hacklab) enfin, proposent des espaces de collaboration et d’échanges, centrés sur une thématique (technologique ou pas). La terminologie évoque l’idée du laboratoire, d’un endroit où l’on expérimente et où on teste. Ici, les valeurs de partage et du monde associatif sont mises en avant. Liste mondiale des Hackerspaces