Deux tiers lieux originaux parmi beaucoup d’autres

Face à la puissance de feu des Regus, Bouygues Immobiliers ou des chaînes hôtelières, des initiatives beaucoup moins argentées, mais portées par la créativité et l’originalité de leurs créateurs, permettent de faire émerger de nouveaux lieux de convivialité et de partage. Par exemple, chez Greenspace et à l’Usine IO, venus se présenter lors de l’évènement de L’Atelier consacré aux Tiers Lieux.

Greenspace, dans le quartier de la Bastille à Paris, illustre ainsi l’émergence d’une population d’entrepreneurs spécialisés dans la fondation et surtout l’animation de ces espaces de coworking. Amaury de Buchet, son fondateur, n’en est de fait pas à son coup d’essai. Il a déjà, par le passé, participé au lancement de faberNovell par exemple.

En 2010, il décide de créer Greenspace Paris avec, dès l’origine du projet, l’intuition que le modèle économique des espaces de coworking va évoluer : plus que de la location de postes de travail, elle va de plus en plus dépendre d’une offre de services disponibles. De fait, Greenspace s’est avec le temps spécialisée dans l’accompagnement – juridique, financier, etc – de jeunes structures. « Nous avons aussi eu la chance de voir émerger quelques beaux projets collectifs, entre plusieurs sociétés hébergées par la structure » raconte-t-il. Et de projeter quelques photos, dont certaines prises au cercle polaire – sur un tournage de film dont l’idée est née dans les locaux-. Preuves en image que malgré la professionnalisation de Greenspace aujourd’hui, et des espaces réservées pour les occupants d’une même société – l’esprit « réseau social » n’a pas déserté ses murs.

Un peu plus au sud de la capitale, dans le treizième arrondissement, une initiative d’inspiration plus verticale a donné naissance, en octobre 2014, à l’Usine IO. Il s’agit d’une espace de 1500 m2, dédié au prototypage. Benjamin Carlu, un de ses fondateurs, est ingénieur mécanicien. Il s’est inspiré d’un concept américain –Techshop-, mais en le francisant. « Je savais pour l’avoir vécu que les ingénieurs qui ont conçu un produit, ont parfois du mal à trouver les postes de travail pour en réaliser les premières versions. Soit parce qu’ils sont indépendants, et ne disposent pas de toutes les ressources machines nécessaires. Soit en tant que salariés parce que les places sont chères aussi dans l’entreprise, devant les machines »

Plus de deux cent personnes fréquentent déjà le lieu, et parmi eux, aussi bien des équipes « sorties » par leur entreprise pour un bref moment de prototypage en mode projet rapide, que des individuels qui viennent se faire aider par les membres de l’Usine IO, pour produire une version de démonstration de leur invention à présenter au prochain concours Lépine. Un accompagnement payant, très important pour l’équilibre de ce tiers lieu comme pour le précédent.